SIXIÈME LEÇON
NETTOIEMENT
DU FUSIL
Prescription du règlement.
(Règlement de
police, tit. V, art. 18.)
27. Les armes doivent être
entretenues proprement en dedans et en-dehors, sans être polies ; les
vis et écrous tenus en bon état ; les pierres, dont on arrondit les
angles doivent être contenues entre deux plombs ; la bretelle du fusil
tendue et serrée contre l’arme, la demi boucle à hauteur de la capucine.
Prescription de l’instr. De son Exc. Le
Ministre de la guerre
(Instruction de juin 1806, 3ème part., chap. 1er
).
28. On emplie pour dérouiller le
fusil, de l’émeri et de l’huile d’olive ou de la paille de fer
(Les soldats la tamisent dans un vieux bas de
laine) ; brosses rudes ;
on fouille dans les angles et sinuosités des pièces avec des curettes
(Voir planche 3, figure QI) et des spatules. Le canon étant sujet à se
courber par la pression que l’on fait pour le dérouiller, on ne le doit
jamais frotter dans sa longueur, à moins qu’il ne soit à plat sur un
banc ou sur une table. A défaut d’émeri ou de paille de fer, on peut
faire usage de grès pulvérisé, tamisé et humecté d’huile d’olive pour
enlever les grosses taches, et de brique brûlée bien pilée, et aussi
humectée d’huile, pour les petites.
Si ce n’étaient pas des pièces
trempées que l’on nettoyât, il serait même préférable de n’employer que
ces deux espèces d’ingrédients.
Toutes les pièces, après avoir été
nettoyées, doivent être essuyées avec un chiffon, de manière qu’il n’y
reste jamais d’émeri, de paille de fer, de grès ou de brique, et
qu’elles conservent seulement de l’onctuosité
(Les armes une fois nettoyées de la sorte, pourraient être entretenues
brillantes avec du tripoli ou du cinabre : ceci supposerait que le
soldat aurait grand soin de son arme. Ce nettoyage serait le moins
préjudiciable à la durée et solidité du fusil.)
Les pièces en cuivre se nettoient
avec du tripoli ou de la brique pilée et du vinaigre
(Le règlement de police, tit. 5, paragraphe 16,
prescrivait de les nettoyer avec une pâte composée de blanc délayé).
On ne doit point employer de
substances grasses pour les frotter ensuite, car elles agissent sur le
cuivre et le font oxyder.
Lavage du
fusil.
(Instruction de
juin 1806, 1ère partie, ch. 6, par.8.)
29. Après les exercices à feu, il
est nécessaire que les canons soient lavés intérieurement, et surtout
les canons des carabines. L’usage des soldats est de mettre leur
tire-balle au bout de la baguette, de l’envelopper d’un chiffon, et de
procéder ainsi à ce nettoiement. Ceux qui sont moins soigneux
entortillent seulement de linge le gros bout de leur baguette : ces
moyens sont vicieux, en ce qu’il sont sujets à laisser des débris
d’étoffe dans le canon, ce qui peut empêcher le fusil de faire feu ou
même le faire crever. Pour obvier à ces inconvénients, il doit y avoir,
par escouade, une baguette de bois que l’on fend par un de ses bouts :
on introduit dans cette fente du linge qu’on y fixe avec du fil, et
alors on procède avec sécurité à ce nettoiement.
Après avoir suffisamment foulé l’eau
dans le canon, et lorsqu’elle en sort sans y prendre une couleur
noirâtre, il faut essuyer l’intérieur du canon avec du linge très sec,
et ensuite y passer la pièce grasse. A défaut de cette attention, on
court le risque de laisser se former intérieurement de la rouille qui
bouche la lumière et creuse dans l’ame du canon des chambres qui peuvent
le faire crever au premier feu.