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depuis le 10 novembre 2005
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C'est Benjamin Raspail, alors
député de la Seine, qui le premier proposa, le
21 mai 1880, la date de la fête
nationale : ..."le 14 juillet 1789 a inauguré un monde
nouveau, puisque le peuple a pris les armes pour la défense des
libertés..." le fusil de Davide Pedersoli est l'arme commémorative de
cet anniversaire.

Cette révolution ne fût possible que grâce aux armes de l’époque,
notamment le fusil mod. 1777. Mais sous cette dénomination, nous y
trouvons, en réalité, quelques armes différentes, comme :
Le fusil 1776 (marque 1777) qui pèse 9 livres et 8 onces pour une
longueur totale de 1,52 m. Le canon II 5 pans courts de 42 pouces
(1,14m.) pour un calibre de 7 lignes 9 points (17,5 mm). Sa lumière est
cylindrique et percée de bas en haut. Le tenon est taraudé de la vis
d'embouchoir et le bouton de culasse est à encoche. La monture est en
gigue légère, la crosse possède une joue. Toutes les garnitures sont en
fer et les têtes de vis sont plates. La plaque de couche est droite par
dessous et pliée à angle droit.
La platine a sa pointe postérieure arrondie, le bassinet est en laiton,
la sous-garde est fixe et la batterie est à retroussis et à talon. Sa
face est assez pentée, la trousse droite s'appuyant directement sur le
ressort. Le chien est à espalet. La baguette est en acier avec sa tête
en forme de poire. La baïonnette possède trois fentes.
Le fusil de marine Mlle.1777, totalement identique au modèle
artillerie (ci-après) sauf le battant qui est en laiton.
Le fusil de dragon Mlle. 1777, identique au modèle d'infanterie,
sauf la longueur totale qui est ramenée à 1,463m., son canon mesure 40
pouces (1,305m.). Les garnitures sont en laiton sauf la grenadière et
les deux bandes qui sont en fer. La baïonnette est celle du modèle
infanterie 1777. Pas de tenon de baïonnette.
Le fusil d'artillerie Mlle. 1777, d'une longueur totale de
1,305m, son canon mesure 34 pouces (0,92 m). Ses garnitures sont en
laiton, y compris la grenadière, mais les battants sont en fer. Tout le
reste est identique au fusil. Sa baïonnette est celle du modèle 1777
classique.
Le mousqueton de cavalerie Mlle. 1777 dit également de "grosse
cavalerie". Long de 1,172m, son canon mesure 0,847m. Sa capucine est en
laiton, sa crosse à une joue et l'embout de sa baguette est en forme de
poire.
Ce fameux modèle 1777, comme sa baïonnette d'ailleurs, a duré pour
ainsi dire 40 ans, et les modèles qui ont suivi, sont presque tous de
simples dérivés mis au point sous l'égide du général Gassendi. Même
pour l'adoption de la percussion, ces fusils furent encore une fois
simplement modifiés.
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Réception de l'arme
L'arme, abondamment graissée, est enchâssée dans un fourreau plastique.
Le poids du colis (6 kg) et sa longueur (1,60 m) impressionnent. Une
fois le tout déballé, quelle agréable surprise. On y trouve une large
bretelle en cuir blanc, une baïonnette dans son fourreau, une épinglette
de tringlage reliée par une chaînette dorée à une autre épinglette
d'accrochage. Tous ces menus accessoires sont fournis dans une boîte
bleue, capitonnée de rouge. Plus une plaquette commémorative, ovale et
en bronze, décors en reliefs. Cette plaque servira à faire graver le nom
de l'heureux propriétaire qui s'empressera de la fixer sur la crosse.
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Vue de la platine complète |
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L'arme en question
Le canon: comme I'original, est long de 1,14 m. II est bien
entendu à âme lisse et en calibre 69 (17,5 mm). Sa finition est en acier
blanc poli, légèrement satine anti-reflet. II est maintenu au fût par 2
bandes, une grenadière et une capucine qui sont elles mêmes maintenues
par des ressorts de rétention. L’embouchoir est par contre, fixe par
deux vis de blocage (idem à I'original).
La platine : est tout comme le canon en acier poli blanc. Le
bassinet est naturellement en laiton. La pointe postérieure est
arrondie. La batterie est dite à "retroussis et à talon". Sa face est
très pentée, la trousse droite appuie directement sur son ressort. La
noix est fermement tenue en alignement par une forte bride de noix à
deux piliers. Les ressorts et toutes les pièces mécaniques sont
parfaitement ébarbés et leur finition est blanc poli.
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Machoires du chien,
batterie et bassinet. |
La sous-garde, fixe est aussi en acier et toutes les vis sont bien a
têtes plates. Le chien est a "espalet" et le ressort principal est visse
a la platine, juste sous le débord du bassinet.
Le bois : est, du moins sur mon spécimen, d'une seule pièce.
C'est du très beau noyer sélectionne car comme pour toutes les armes
militaires celui-ci n'est pour ainsi dire pas veiné. Sa finition est
également soignée. Le bois est très finement poncé et juste huilé, sauf
les parties non apparentes, c'est dommage, mais remédiable. Les
encastrements et mises en bois sont acceptables (pour une fois) sauf
comme je l'ai déjà dit, non traités.
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Les garnitures: la plaque de couche, le pontet avec son battant,
la capucine, la grenadière, l'embouchoir et la contre platine sont
également en acier blanc poli. Cette finition est tout à fait conforme à
l'original. La baguette présente est également en bon acier poli blanc.
Taillée dans une tige de 5 mm de diamètre (en section normale) une
extrémité est en "poire" pour tasser la balle, et l’autre est filetée
pour y recevoir les écouvillons et les lavoirs.
Par contre, les vis de fixation de l'embouchoir sont un peu longues et
dépassent fortement. Le guidon est rapporté en coulage de laiton taillé
en pointe et dos d'âne. II semble que le tenon de baïonnette soit soudé
par électrolyse.
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La bretelle : est en bon cuir blanc. Longue de 1 mètre et large
de 36,5 mm pour une épaisseur de 2 mm, elle est digne, sans en être,
d'être nommée "bufflerie". La bouterolle, qui, ne l'oublions pas, se
place toujours en haut sur le battant de grenadière, est bien en laiton
massif, tout comme la boucle arrondie. Attention au montage ! Car
malheureusement, je vois trop de montages, sur les stands, qui sont
effectues n'importe comment. Lorsque l'on se sert d'armes anciennes ou
de leurs répliques, pourquoi ne pas tout respecter au plus proche: les
mouvements de rechargement, les prises de positions, y compris les
montages d'accessoires et tout le rituel de l'époque de l'arme en
question. C'est si simple!
La baïonnette : est aussi, pour une fois à peu près conforme au
modèle original, je dirais même presque parfaitement, puisque j’ai pu
monter la réplique sur le fusil d'époque et vice-versa. Par contre, le
bourrelet de la douille est un peu différent et le talon de la lame
n'est pas renforcé sur la réplique.
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Le mécanisme
et sa mise en bois. |
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La lame a bien trois gouttières, mais mesure 0,475mm au lieu des 14
pouces (0,380mm) pour l'An IX et 18 pouces (0,487mm) pour le
Révolutionnaire. Sa finition est blanc poli.
Je n'ai pas pu pousser le démontage plus loin, car je me devais de
respecter la consigne du 15 Frimaire An IX qui signifiait "...Il est
défendu d'ouvrir la bague de douil/e pour la retirer totalement. Elle
doit être nettoyée sur la douille... ". Alors !
Le fourreau est en cuir marron, avec sur la face plat arrière une
couture façon sellier. L'embout est en acier blanc poli, sans chape. Le
collet et le tirant sont eux, en cuir blanc.
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Détails de l'embouchoir
et du guidon rapporté |
En tir
En tout premier lieu, puisque ce fusil m'est simplement prêté, j'ai dû
changer la batterie d'origine pour ne pas l'abîmer. Je ne saurai donc
pas si celle-ci fonctionne bien ou mal, mais je pense qu'elle doit être
correcte car ce n'est pas de la micro fusion, comme toutes les autres et
si par hasard, les étincelles n'étaient pas "folichonnes", il me
suffirait de lui faire une cémentation pour remédier à ce problème
courant sur les répliques et non, comme d'habitude, changer carrément la
batterie. Bien évidemment, toute l'arme est parfaitement dégraissée au
trichloréthylène.
Pour la balle ne disposant que d’un moule italien de ce calibre (69)
soit 17,5 mm, je devrai donc faire avec. Elle sera bien entendue en
plomb pur. Son graissage consistera à un roulage dans une ou deux
gouttes d'huile de pied de boeuf naturelle.
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Pour la poudre, ce sera de la Mousquet Tir, puisque c'est celle qui
ressemble le plus à celle d'époque (et qui convient généralement aux
gros calibres). Quant à la dose, je commencerai avec un peu moins que
mon fusil d'époque, c'est à dire 4,00 grammes au lieu des 4,30 gr.
L’amorçage sera effectue à la PNT 2, qui devra remplir complètement le
bassinet, à ras bord.
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Le silex sera en "double mèche" réglementaire, comme les 15 kg ramenés
du lieu même de taillage. II sera maintenu en place dans les mâchoires
du chien, par un patron en plomb similaire à celui d'époque.
Sachant que pour les essais, pour plus de commodité, je n'utiliserai pas
les "cartouches" de papier, mais directement les éléments en vrac.
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Amorçage du bassinet. |
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Apres avoir aide, avec une épinglette, le pulvérin à passer dans la
lumière, je suis donc prêt. Le tir sera conforme aux normes de la
Confédération, c'est à dire la cible sera un "C 50" place à 50 m. et le
tir debout.
Pour le tir à 50 mètres, après quelques tâtonnements de dosage, les
scores se stabilisèrent (en 4 séries simultanées) à la moyenne de
85/100 en 10 coups, avec 4,50 grammes de Mousquet, séparés de la balle
par l'équivalent de la bourre papier d'une cartouche. Les tirs
effectues, par la suite avec d'autres mêmes armes, confirmèrent à 0,10
gramme (de + ou -) ce dosage initial.
Pour le tir à 100 mètres, toujours en tir debout sur un "C 50" et en
position debout, je ne pus réaliser qu'une moyenne de 75/100 en ayant
porte la dose à 4,85 grammes.
Bien entendu, sur cette arme il n'y a pas de hausse. Celle-ci se prend
comme suit:
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A 50 m. en alignant le sommet du guidon, dans l'axe du tonnerre. |
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A 100 m. la hausse sera le pouce de la main gauche, couché
transversalement sur le tonnerre du canon. |
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A 150 m. le pouce sera plié de façon que votre ongle touche le canon |
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A 200 m. le pouce sera relevé comme pour faire du stop. |
Nota : A vous de trouver votre position de main gauche, en
n'oubliant pas que c'est aussi de cette main que dépend le départ du
coup.
Conclusion
Certes le prix est peut-être un peu élevé (1’600 francs) mais la qualité
est pressente. C'est je pense e meilleur fusil (et de loin) pour
effectuer les tirs des catégories réglementaires à silex.
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Article tiré de
"La Gazette des Armes no246" juillet/août 1994 |
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