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Livret de service

 

 

NEUVIÈME LEÇON

 

TENUE DE LA GIBERNE

 Fabrication de la cire.

 39. On fait fondre une livre de cire blanche, à laquelle on peut joindre ensuite un peu de gomme arabique ; on verse une partie de cette cire fondue sur une once de noir d’ivoire. Lorsque l’on a suffisamment opéré ce mélange de la cire et du noir, on remet le tout sur le feu, et l’on remue doucement cette composition jusqu’à ce qu’elle soit devenue bouillante ; alors on la retire, on la tamise et on la moule.

Si l’on n’avait pas de cire blanche, on ferait usage de cire jaune ; on peut aussi se servir des deux mêlées ensemble. Il faudrait en ce cas y joindre deux onces de gomme arabique, afin de les dégraisser et leur donner du brillant : on peut substituer le noir de vigne au noir d’ivoire.

  

Vernissage.

 40. Quelques régiments font vernir la giberne, ce qui les dispense de l’usage de la cire. La garde impériale et la garde de Paris, mettent en pratique ce vernissage. Elles y trouvent de l’économie ; car la cire ne laisse pas que de coûter par mois, à chaque compagnie neuf ou dix francs, et beaucoup de gibernes se détériorent par la manière de les flamber, ou par l’emploi des cailloux chauds avec lesquels il y a des soldats, qui fondent, étendent et polissent la cire.

On peut faire vernir à un nombre de couches suffisantes une giberne au prix de 75 centimes cette préparation se maintient au moins deux ans, sans autre soin que celui d’humecter de temps en temps la palette et les fonds avec un peu d’huile : le cuir peut même rester luisant pendant un plus long espace de temps, si le soldat est soigneux et qu’il soit pourvu d’un couvre giberne.

  

Manière de cirer la giberne.

(Voir n.º69).

41. Lorsque c’est une giberne neuve qu’on doit cirer, on la ratisse entièrement et on l’unit en la passant à la pierre ponce : ce premier soin a pour objet de détacher le noir endurci qui la couvre,  et qui empêcherait la cire d’en pénétrer le cuir ; sans cette précaution elle s’écaillerait bientôt on cire fortement et également en faisant flamber la cire, c'est-à-dire en présentant la giberne au-dessus d’un petit feu de paille bien sèche, de manière à chauffer la cire et non le cuir, qui, autrement se couvrirait de pustules et deviendrait cassant. On recommence jusqu’à ce que chaque couche fasse corps ensemble et que la cire d’étende d’une égale épaisseur. Ensuite on astique (V. pl 3. Un astic est un polissoir d’un bois dur ou bien un caillou emmanché.) en remettant de la cire partout. On bouche les petits trous et les défauts que l’on trouve dans le cuire, et l’on continue d’astiquer jusqu’à ce que les surfaces soient parfaitement unies ; on polit alors avec un bouchon de liége, et l’on essuie avec un tampon de linge ou de drap fin. Quand il fait chaud, on n’essuie pas à l’instant même l’endroit poli, car on ferait perdre son luisant à la cire encore échauffée. La giberne étant essuyée, et sans aucune tache, on la frotte légèrement avec la paume de la main pour rendre ce qu’on appelle miroitée.

Quant aux gibernes qui ont déjà servi, si elles se trouvent grasses et que la cire n’y acquière plus de brillant, il faut les ratisser avec un couteau après les avoir présentées au feu ; les cirer, les faire flamber comme les gibernes neuves, et les finir de la même manière.

Si les coins de la patelette ont contracté un mauvais pli. C’est quand le cuir est échauffé que l’on peut, après avoir donné un coup d’astic, le redresser entre les mains, et lui rendre la forme qu’il conservera en refroidissant.

Si les côtés du coffre sont déformés, il faut les décirer en grattant avec un couteau ; ôter le bois, tremper dans l’eau le coffre entier, remettre ensuite ce même bois, et poser en dessus de lui celui d’une autre giberne. Le coffre humide étant ainsi rempli, on le laisse sécher en le mettant en presse de manière que les deux fonds ou côtés s’appliquent exactement sur les deux bois ; quand le coffre sera sec, il aura repris sa première forme (Les gibernes des gardes françaises avaient, entre le côté extérieur du fond du coffret ou bois et le côté intérieur du fond du coffre, une planchette destinée à soutenir le cuir, et à prévenir ainsi la nécessité de remédier à son mauvais pli ; quelques corps ont adopté cet usage. Dans tous les cas, les fabricants de gibernes doivent doubler ces fonds ou côtés).

Il est à remarquer qu’en été, il vaut mieux cirer une giberne à l’ombre qu’au soleil parce que plus la cire est difficilement amollie plus elle prend de brillant.

Voici ce que dit le règlement de police, titre 5, art. 17 : Les gibernes seront cirées, même sur les côtés ; on emploiera pour unir la cire un polissoir de buis.

69. la giberne était d’abord un sac dans lequel les grenadiers portaient leurs grenades ; ce sac attaché devant eux sur une ceinture, y roulait de manière à passer derrière leur dos, quand ils le voulaient. On appelait alors une cartouche ce qu’on appelle maintenant une giberne. On trouve encore ce nom de cartouche dans l’ordonnance de 1750 ; on l’a ensuite appelée demi-giberne. Deux cordons qi s’y attachaient, portaient un fourniment à poire de bois ou pulvérin (V. Détails militaires de Chenevières, tom. 2.)

 La giberne, telle qu’on la porte aujourd’hui, doit être de vache noire parée sur chair et un peu ferme ; son cuir doit être plutôt blanc que rouge en dessous.

 Elle se compose de :

·        Un coffret
·       
Une boite de cuir (PB)
·       
Une poche ou bourse (PC).
·       
Un recouvrement ou sous-patelette (PD)
·       
Une patelette (PE).
·       
Un contre-sanglon (PF)
·       
Une martingale (PG)
·       
Trois petites boucles de cuivre.
·       
Une traverse.
·       
Deux porte bonnets (V. nº 42, note) (PI)

 Le coffret ou bois de giberne est de sapin ou de marronnier d’inde ; il est percé dans son milieu de six trous (PK). Ses deux parties latérales (PL), qu’on appelle auges, servent à contenir chacune un paquet de quinze cartouches (V. nº 43, notes). Sa longueur est de vingt-trois centimètres (huit pouces et demi) ; sa largeur de soixante-sept millimètres (deux pouces quatre lignes) ; sa hauteur ou profondeur de quatre-vingt-un millimètres (trois pouces). On loge dans un des trous à cartouches une petite fiole à l’huile, en fer blanc (Règlement d’habillement, art. 7, par. 4.)

 La boîte ou coffre (PB) contient le coffret, que de chaque côté elle dépasse de soixante-neuf millimètres (deux pouces et demi), et que, devant et derrière, elle dépasse de quarante millimètres (dix-huit lignes), afin de donner aux cartouches l’espace ou elles doivent être contenues. Sa profondeur est de douze centimètres (quatre pouces et demi) ; sa longueur de vingt-quatre centimètres (huit pouces neuf linges) ; sa hauteur devant et derrière de douze centimètres (quatre pouces et demi) ;  ses côtés (PM) ont quinze centimètres (deux pouces neuf lignes) de larges.

 La poche ou bourse (PC) est en basane noire, forte et en huile ; elle se ferme d’un bouton de veau roulé, et sert à contenir le tournevis, le tire-balle, les pierres et plombs de rechange, la pièce grasse et la pierre de bois (La bourse de la giberne du caporal contient en outre le monte ressort. V. nº338, note 2.). Son ampleur est de seize centimètres (six pouces), sa hauteur de onze centimètres (quatre pouces).

 Le recouvrement (PD) est une espèce de tablier de basane qu’on appelle aussi sous patelette ; il sert à garantir les cartouches, et pend jusqu’à l’ouverture de la bourse ; il est cousu sur chaque revers de la couture de traverse.

 La patelette (PE) est la fermeture ou le couvercle de la giberne ; il a vingt-sept centimètres, (dix pouces de long) sur vingt-quatre centimètres, (neuf pouces six lignes) de haut. Les grenadiers et voltigeurs portent extérieurement au centre de la patelette, les uns une grenade, les autres un cor de chasse en cuivre, dont la forme varie suivant les régiments, parce que c’est une distinction qui n’est ordonnée par aucune décision ministérielle. Dans le siècle passé, toutes les gibernes ont d’abord été ainsi ornées d’un écusson en cuire aux armes du roi ; cet ornement fut supprimé par une ordonnance.

 Le contre sanglon (PF) de vache en huile, est cousu centralement au revers de la patelette et sert à fermer la giberne ; sa longueur est de vingt-sept millimètres (un pouce) et sa longueur est de seize centimètres (six pouces)

 La martingale (Autrefois, la longueur de cette martingale et la largeur de la taille de l’habit étaient coordonnées ; mais nos tailles étant maintenant moitié moins larges que dans le temps de cette supputation, il faudrait, ou que cette martingale fût raccourcie de deux pouces, ou (ce qui vaudrait mieux) qu’elle eût cinq à six pouces, et qu’au lieu de se rattacher au bouton de la talle, elle se fixât au bouton de la poche le plus voisin d’elle. Cela demanderait un calcul particulier pour l’infanterie légère, qui à la poche plus haute ; et pour l’infanterie, suivant qu’elle aurait la poche en long ou en travers.)  (PG) est un morceau de buffle long de onze centimètres (quatre pouces), large de vingt-sept millimètres (un pouce), et percé d’une boutonnière qui sert à assujettir la giberne au bouton gauche de la taille.

A suivre...

 

Règlement tiré du

MANUEL D’INFANTERIE
RÉSUMÉ DE TOUS LES RÈGLEMENTS,
DÉCRETS, USAGES ET RENSEIGENEMENTS
 

PROPRES A CETTE ARME 

OUVRAGE RENFERMANT TOUS CE QUE DOIVENT SAVOIR LES SOUS-OFFICIERS

 DEUXIEME EDITION

  CHEZ MAGIMEL, LIBRAIRE POUR L’ART MILITAIRE

RUE THIONVILLE, NO 9

 1808

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Cette page à été mise à jour le 24-oct.-2010

 

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