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Le régiment du prince-évêque de Bâle en bataille. Colonel baron de
Reinach-Steinbrunn
Aquarelle au baron de Reinach-Hirtzbach, à Hirtzbach (Haut-Rhin). Photo
Braun, Mulhouse-Dornach
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LA REVOLUTION FRANCAISE |
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PREMIERES ECHAUFFOUREES A PARIS EN 1789 |
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Les
régiments suisses de Salis-Samaden, Lullin-de Châteauvieux, De Diesbach
et de Reinach sont appelés à Paris pour le service d'ordre. |
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Le
Lieutenant-Général de Besenval commande les troupes rassemblées au Champ
de Mars. |
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"La parole, qui trop souvent n'est qu'un mot pour
l'homme de haute politique, devient un fait légèrement, ou avec
perfidie, l'autre l'écrit sur la poussière avec son sang, et c'est pour
cela qu'il est honoré de tous, par dessus tous, et que beaucoup doivent
baisser les yeux devant lui."
Alfred De Vigny,
Servitude et grandeur militaire.
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Régiment des Gardes-Suisses
de France, 1791
Lithographie Paul Petit, Paris. Collection Pelet, Lausanne |
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Dès le mois de
mai 1789, de nombreuses troupes arrivèrent successivement à Paris et
campèrent au Champ-de-Mars, dans l'avenue des Champs-Elysées et à
l'Ecole militaire. C'étaient les régiments d'infanterie suisse de
Salis-Samaden, Lullin-de Châteauvieux, de Diesbach et de Reinach,
les Cavaliers du RoyalAllemand, les hussards de Bercheny et
d'Esterhazy. Salis venait de Mantes, Lullin d'Orléans, Diesbach
d'Arras. Ce dernier régiment entra un soir dans Paris complètement
épuisé par une marche forcée de quinze lieues en un jour. Plus de 150
hommes étaient tombés en route. Sitôt les faisceaux formés, les soldats
à bout de forces s'endormirent pêle-mêle près de leurs armes. La foule
hostile, maintenue à grand' peine par un |
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Etienne Rieu, de Genève (1752-1821)
Capitaine au régiment suisse de Diesbach
en 1792. Chevalier du Mérite militaire
Portrait à Sir J.-L. Rieu, K. C. S. Alassio |
cordon de
sentinelles, s'ameuta autour des bataillons harassés qui s'étaient
laissés choir sur le pavé brûlant des rues. Les vivres manquaient.
Personne n'avait le droit d'en aller quérir. C'eut été dangereux de
s'écarter. « M. de Besenval ne voulut pas même permettre aux officiers
d'aller manger un morceau au GrosCaillou (Journal du
sous-lieutenant Jos.de Diesbach-de Torny). » Reinach, accouru
de Soissons, traversa silencieusement le Bois de Boulogne pour se rendre
à Saint-Cloud.
Le lieutenant-général de Besenval commandait toutes ces troupes.
Son quartier général était à l'Ecole militaire. Il disposait d'environ
7000 fantassins suisses et de 1500 cavaliers. La présence de ces corps
étrangers, suisses, allemands, hongrois inquiétait les Parisiens et
excitait leur méfiance. Encouragés par l'attitude de l'Assemblée
nationale, ils bravaient ouvertement l'autorité du roi. Les motions les
plus incendiaires partaient tous les jours du faubourg Saint-Antoine ou
du Palais Royal, rendez-vous des mécontents, et se répandaient dans tous
les quartiers.
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Pendant
plusieurs semaines, le Champ-de-Mars mérita bien son nom. Sur la place
hérissée de tentes, de fusils en faisceaux, de files de chevaux à la
corde, attendaient les régiments fidèles. Tout le jour, le camp
bourdonnait comme une ruche, c'était un fourmillement d'habits rouges
dans lequel on reconnaissait les parements verts de Châteauvieux, les
revers bleus de Diesbach, blancs de Reinach et les cols jaunes de
Salis-Samaden. Une foule de badauds, attirés par la nouveauté du
spectacle, encombrait les abords de la place. Pas de repos possible sous
les tentes, la chaleur était intolérable. Les officiers recevaient des
visites pour tromper l'ennui des interminables journées. « Le 11
juillet, raconte le lieutenant Gaudenz de Salis dans son journal, Mme
Grenut, de Genève, et ses fils, vinrent me voir et je lui fis faire le
tour du camp avec M. de Planta (Journal du lieutenant
de Salis cité par Adolf Frey: Gaudenz v. Salis-Seewis, Frauenfeld, 1889,
p. 252). » Des jupes à fleurs frôlaient les petites tentes où
les soldats accablés de fatigue s'assoupissaient entre deux alertes.
D'autres fois, c'étaient les officiers des Gardes-Suisses qui venaient
de Rueil ou de Courbevoie passer quelques instants avec leurs camarades
des autres régiments.
Minutes d'abandon vite envolées, où s'échangeaient les nouvelles du
pays, où se renouvelaient de vieilles amitiés. Ceux des gardes, habitués
au tumulte de Paris paraissaient les plus gais et les plus insouciants;
deux ans de martyre s'ouvraient devant eux pour aboutir à la catastrophe
finale.
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Régiment suisse de Diesbach, 1789
Propagande révolutionnaire au camp
Aquarelle de la collection Ch.-Felix Keller, Paris |
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Soldats du régiment de Diesbach (à gauche)
de Reinach (à droite)
Aquarelle à la Bibliothèque nationale, Berne |
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L'attitude des meneurs devenait de plus en plus menaçante, « parce
qu'ils ne pouvaient pas nous gagner à l'infidélité et à
l'insubordination », dit Salis. Chaque nuit, pendant quinze jours, il y
eut des alarmes. On ne dormait guère plus de deux heures de suite; des
coups de feu partis de l'ombre venaient blesser et tuer les
factionnaires. Des compagnies réveillées en sursaut, prenaient les armes
et s'enfonçaient dans les rues sombres, vers des quartiers inconnus où
il fallait stationner de longues heures à écouter les menaces de mort
d'une foule surexcitée. Le matin, à la diane, les hommes exaspérés les
nerfs tendus rentraient au camp pour être alarmes quelques heures plus
tard. La nuit du 12 au 13 juillet, le régiment de Salis fut neuf heures
sous les armes par une pluie battante et ne pu prendre la moindre
nourriture pendant dix-neuf heures. (Journal de Salis.)
Un jour, plusieurs compagnies des gardes-françaises forcèrent la
consigne et, malgré les efforts des officiers et des sergents pour les
retenir, s'échappèrent et s'en allèrent remplir les cabarets de
Vaugirard et les jardins du Palais Royal. Là, au milieu des filles, des
tripots et des gens sans aveu, on but à la Nation, on s'embrassa en
pleurant de joie. Le vin coulait à flots. Les officiers qui voulurent
ramener les hommes au devoir furent expulsés. L'orgie se prolongea
plusieurs jours. Le roi, faible et indécis, laissa les mutins impunis.
L'anarchie se propagea. Des artilleurs suivirent l'exemple des
gardes-françaises. Dans les corps suisses,par contre, la fidélité des
soldats n'était pas mise en question, malgré toutes les séductions
qu'employèrent les « patriotes ». |
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