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Ulm, Allemagne
1 - 2 octobre 2005
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Bataille d'Haslach
Jungingen
Octobre
1805, le 11.
Le général de Division Dupont a passé une bien dure journée. A la tête
des 5275 hommes de la première division du VI Corps du Maréchal Ney, il
a résisté aux 23000 autrichiens cantonés à Ulm sous les ordres de Mack.
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Préambule
La bataille
de Haslach Jungingen n'a sûrement pas été voulue par les parties en
présence. Quand le Général de Division Dupont (1ère Division du 6ème
Corps de Ney) arrive devant Ulm, il ne croît pas être face à une armée
conséquente mais plutôt devant l'arrière garde de Mack. Dans son
mouvement stratégique, Napoléon a souhaité arriver sur les arrières du
général autrichien. Il a demandé à Lannes de faire une démonstration
devant la Forêt Noire afin de capter l'attention de cette armée
stationnée à Ulm, dans l'attente du renfort austro-russe. Le plan a
parfaitement fonctionné. Après quelques engagements à Wertingen puis
Gunzburg, l'armée française a pris position près de Ausbourg. Napoléon
confie alors à Murat le soin de commander une armée composée de la
Réserve de Cavalerie et des 5ème et 6ème Corps
(Lannes et Ney). Elle a pour objectif de suivre Mack vers le sud quand
celui-ci prendra la décision de quitter Ulm. A cette fin, Murat souhaite
que son effectif entier soit sur la rive droite du Danube. Ney ne
partage pas cet avis; il pense que le général adverse pourrait essayer
de s'échapper vers le nord, et demande à son supérieur hiérarchique
-lors d'un entretien houleux- l'autorisation de ramener tout son Corps
sur la rive gauche. Le 10 octobre, le 6ème Corps d'Armée est
en effet partagé en deux; si l'essentiel est au sud du Danube avec le
gros de l'Armée française, il en va autrement du Général Dupont qui a
reçu l'ordre de faire mouvement vers Ulm pour fixer ce que l'Etat Major
pense être l'arrière garde autrichienne. Durant ces évènements, la 1ère
Division avance, avance encore.
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La voici à Ulm. Les hussards chargés
d'éclairer le mouvement rapportent que l'effectif adverse est important.
Le général français part en observation et ne peut que confirmer...
L'alternative est simple :
·
Faire un mouvement rétrograde qui va probablement
entraîner les autrichiens dans une poursuite, et il n'est pas aisé de
faire front en reculant,
·
Continuer le mouvement, en ordre de bataille, pour laisser
penser à l'adversaire que les 5000 hommes ne composent que l'avant garde
d'une armée.
Le général français n'hésite pas. Dans un
premier temps, il prévoit d'ancrer sa ligne de défense sur Haslach et de
s'étendre au sud vers le Danube. Cette organisation ne lui semble pas
très sûre car elle laisse un couloir au nord où les autrichiens vont
probablement s'engouffrer pour inquiéter son aile droite. Dupont observe
le petit village de Jungingen plus à l'ouest. Eloigné de Haslach, il
verrouille cependant cette allée dangereuse qui menace sa droite. Sa
décision est prise : les compagnies de grenadiers et carabiniers des six
régiments sont réunies afin de composer un bataillon provisoire qui
occupera Jungingen, avec en soutien le 9ème léger ; sur le
secteur d'Haslach, il va déployer le 96ème, le 32ème
de ligne et l'artillerie à pied. La cavalerie jouera le rôle de réserve.
Il envoie de plus un message au général Baraguey d'Hilliers de le
rejoindre avec sa division de dragons à pied. Coté autrichien, la
réaction est rapide ; cependant, la cavalerie légère n'a pas réalisé son
travail d'observation. Mack ne sait pas, malgré l'altitude de Ulm, si
ce qu'il voit constitue l'avant garde d'une armée plus importante ou un
groupe isolé de combattants. On peut penser cependant qu'il penche
plutôt vers la première solution. Dupont l'a trompé et ce stratagème va
empêcher les Autrichiens d'engager tout leur potentiel. Tout est en
place pour le premier acte qui va se dérouler dans et autour de
Jungingen.
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Le Village de Jungingen
Le bataillon
d'élite occupe donc Jungingen ; des tirailleurs se sont déployés à
l'entrée du village pendant qu'un groupe se barricade dans l'église. A
14 heures, Mack a fait déployer sa deuxième colonne face au village ;
composée en première ligne des 8ème et 20ème, elle
aligne de plus en soutien deux régiments (11ème et 54ème).
Trente escadrons de cavalerie déploient à gauche leurs 2100 cuirassiers
et chevau-légers. L'avance commence ; dès que les premiers contacts ont
lieu, les deux régiments autrichiens s'organisent en ordre mince,
chassant devant eux les tirailleurs français qui cependant assurent un
tir meurtrier. Après être entrés dans le petit village, les fantassins
s'arrêtent. Toutes les tentatives pour déloger les Français enfermés
dans l'église échouent. Les pertes des autrichiens continuent de
progresser. A l'extérieur, la cavalerie elle aussi s'est arrêtée. Il est
15 heures ; le général Dupont, resté à Haslach, observe l'enchaînement
des évènements ; Prenant la tête du 9ème léger, suivi par le
96ème qui avance en échelon, le général pénètre dans
Jungingen. La surprise chez les Autrichiens est grande... les fantassins
se rendent en masse. Pendant qu'ils sont évacués vers Haslach, le 9ème
léger prend position pour recevoir l'assaut de la seconde vague. Cinq
fois les deux régiments autrichiens en soutien vont être repoussés.
La cavalerie autrichienne commence enfin à
bouger. Contournant le village par le nord, les deux régiments de
cuirassiers et le régiment de chevau-léger Latour rencontrent le 1er
bataillon du 96ème organisé en carré. La charge de Latour
n'affecte pas la cohérence des français ; Mack est blessé et doit
quitter le terrain. L'artillerie à cheval autrichienne vient alors
mitrailler les fantassins français, toujours placés en carré. Les pertes
sont importantes. Il est temps de faire intervenir les dragons afin
d'alléger la pression sur l'infanterie. Le 15ème en première
ligne, suivi du 17ème, les dragons chargent mais sont engagés
par les deux régiments de cuirassiers. Les dragons français se retirent,
se rallient et reviennent à la charge. Ils sont de nouveau mis en fuite
après avoir subi des pertes importantes ; l'aigle du 15ème
dragon est pris. De nouveau ralliés, ils peuvent maintenant venir
soutenir l'infanterie. En effet, la cavalerie autrichienne est à présent
désunie et rode plus au nord du côté des chariots français.... Jungingen
est resté au 9ème...
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Au sud de Haslach
Pendant ce
temps, la colonne droite autrichienne de Werneck et Riesch s'est
organisée. Composée de quatre régiments (36, 15, 17 et 18ème)
déployés en échiquier, elle progresse vers Haslach sans aucune réserve.
Le 1er Hussard charge le 36ème sur l'aile droite autrichienne
et le met en fuite. En même temps, l'artillerie française empêche avec
ses six bouches à feu crachant la mitraille le 17ème
d'avancer. Le 32ème de ligne, précédé de l'artillerie à
cheval, bouscule le 15ème autrichien qui détale en
abandonnant ses deux pièces de 6£. Dupont rappelle ses troupes à Haslach.
La colonne de droite autrichienne s'est reformée et fait à nouveau
mouvement vers le village. Il est 17H30. Aidée par le 1er Hussard qui
assure une menace permanente sur les fantassins autrichiens, la division
française organise son repli facilité par l'obscurité naissante. A 20H,
les derniers coups de feu sont échangés...
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Conclusion
La division
du général Dupont a abandonné les deux canons pris aux autrichiens mais
marche maintenant avec 4000 prisonniers et 5 étendards. Les pertes
autrichiennes sont très élevées : 400 morts, 1100 blessés ; l'effectif
français s'élevait à que 5279. Du coté français, 784 hommes manquent à
l'appel dont 332 pour le 96ème. Le 1er hussard a perdu un
tiers de son effectif dans des charges répétées.
La première Division de Dupont va
maintenant rejoindre son Corps de l'autre coté du Danube. Le 14 Octobre,
Ney repassera le Danube sous le feu des autrichiens lors du fameux
affrontement de Elchingen...
Il est fort probable que Mack aurait été
défait dès ce 11 Octobre si Ney et son Corps entier avait été présent à
Haslach. Mais cela est une autre histoire...
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Cette page a été mis à jour le 06-déc.-2005
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