Uniforme Porte-Aigle                                        

06-déc.-2011

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Les drapeaux      -      Planche des Drapeaux    -     Le Porte-Aigle (uniforme)    - 

  Photos


 

DRAPEAUX

DU 3ème REGIMENT SUISSE

AU SERVICE DE FRANCE (1798-1815)

 

L’histoire des quatre régiments suisses au service de France de 1804 à 1814 constitue incontestablement une des pages les plus glorieuses du service étranger. Les soldats "rouges" de Napoléon ont servis dans les campagnes les plus rudes - Portugal 1807, Espagne 1808-1811, Russie 1812, Hollande 1813, Belgique 1815 - ils ont brillamment achevé plusieurs siècles de traditions d'honneur et de fidélité aux drapeaux français.

         Lorsque le Premier Consul est devenu Empereur le 18 mai 1804, la France a encore à son service les débris des régiments suisses au service de Sardaigne (Régiments Belmont, Rochemondet, Bachmann, Peyer-Imhof et Zimmermann) formant deux légions helvétiques d'Italie depuis le 24 novembre 1798 et les troupes auxiliaires fournies par le gouvernement  helvétique. Par décret du 18 décembre 1798, le Directoire Helvétique s'engage a fournir à son homologue français 18’000 hommes repartis en six demi-brigades organisées selon le modèle français.

 

Les drapeaux de ces demi-brigades sont copiés sur le modèle des drapeaux des demi-brigades françaises. Ils sont étudiés à Paris par Challiot de Prusse, créateur des emblèmes de l'armée française. La disposition des couleurs est différente pour chaque demi-brigade. Le dessin central et les légendes sont identiques pour les six unités. Ces drapeaux sont aux couleurs helvétiques : jaune, vert et rouge.

A l'avers, peint à l’huile, au naturel une figure allégorique représentant l’amitié entre la France et la Suisse sous forme de deux chênes enlacés et liés par un faisceau du licteur au ruban tricolore - bleu, blanc, rouge -; sur le sol un trophée d'armes, des boulets de canon, des drapeaux français et pose contre le faisceau …le chapeau, le carquois et l’arbalète de Guillaume Tell, le tout éclairé par un soleil levant.

La légende autour du motif central est la suivante :

 

LIBERTE UNITE EGALITE

FREYHEIT EINHEIT GLEICHEIT

FREUNSCHAFT ZWISCHEN

DEM FRANZOSICHEN

UND HELVETISCHEN VOLK

AMITIE ENTRE LE PEUPLE FRANCAIS ET HELVETIQUE 1798

 

Au revers nous trouvons, sur un fond de montagnes, Guillaume Tell et son fils devant un buisson de laurier dont le tronc est entouré par un faisceau du licteur lié par un ruban tri­colore et surmonté d'un bonnet phrygien aux couleurs françai­se. La légende autour du motif central est la suivante:

 

VALEUR ET LIBERTE

MUTH UND FREYHEIT 1308

 

Ces six demi-brigades sont amalgamées en trois nouvelles demi-brigades la première fusionne avec la sixième à Mayence, la deuxième avec la quatrième à Landau et enfin la troisième avec la cinquième à Strasbourg.
 

En 1804, la première demi-brigade se trouve à Rochefort et Oléron. Deux compagnies de grenadiers et une de fusiliers sont embarquées sur les vaisseaux "Algésiras" et "Achille" qui combattent à Trafalgar.
Cette première demi-brigade est dissoute le 25 avril 1805. On en reforme le noyau du 3ème bataillon du 1er régiment suisse. La deuxième demi-brigade est en Italie en 1804, elle va former le 4ème bataillon du 1er régiment Suisse. La troisième demi-brigade se trouve à Strasbourg en 1801, elle fut dirigée sur Toulon pour y être embarquée sur deux vaisseaux, "l'Hirondelle" et "l'Abeille" à destination de la Corse.
Le 5 février 1803 le 1er bataillon part pour Saint Domingue, cette troupe sera entièrement perdue à l’exception de 11 hommes soit par le fait des combats soit par les épidémies. Les restes de cette demi-brigade entreront dans la formation des 1er et 2ème bataillon du 1er régiment suisse.

 

A la revue de la 1ère demi-brigade à La Rochelle le 25 Prairial An XIII (14 juin 1804) par le général Müller il est dit : " ...les drapeaux sont dans le plus mauvais état et aux couleurs helvétiques comme pendant son gouvernement unitaire. II en faut de neufs. Mon avis serait qu'ils en eussent comme toute l'infanterie avec une légende..."

En fait, comme il était question de chan­gement dans l’organisation des troupes suisses des le temps ou les nouveaux drapeaux avaient été commandés, il n'en avait été réalisé provisoirement qu'un seul par demi-brigade, surmonté de l’aigle impériale. Cette décision date de mars 1804.

 

Ces drapeaux sont du modèle de 1804. Les légendes étaient :

 

A l'avers -      

 

L'EMPEREUR

DES FRANCAIS

A LA 3ME DEMI-BRI.

HELVETIQUE

  

Au revers -

VALEUR

ET

ET* DISCIPLINE

 

* le drapeau de la troisième demi-brigade comportait une faute au revers.

 

L'aigle et le drapeau de la 1ère demi-brigade sont remis par le général Müller à Oléron le 10 mai 1805. Pour la 3ème demi-brigade la remise est faite aux transports militaires le 5 avril 1805. Pas de renseignements pour la 2ème demi-brigade. Ces trois drapeaux avec leurs aigles sont renvoyés au Ministère de la Guerre lors de l'incorporation dans le 1er régiment Suisse.

 

*

 
Entre-temps, le 27 septembre 1803, le général Ney signe à Fribourg avec les cantons de capitulation relative à la levée de quatre régiments à quatre bataillons. Dans la pratique, c’est seulement le 15 mars 1805 que

L’Empereur décrète la formation du 1er Suisse et le nom de ‘’Régiments Suisses’’ est officiellement adopte le 12 septembre 1805.

On devait s'occuper rapidement de la confection de drapeaux pour ces nouveaux régiments. 
 

Ces drapeaux sont du modèle 1804 avec les légendes suivantes :

 

A l’avers

 

L 'EMPEREUR

DES FRANÇAIS

(*)      AU 3ME        .

REGIMENT

SUISSE

 

(*) Rigo dans sa planche sur le 3ème Suisse donne une disposition différente de cette légende, c’est celle que nous avons adoptée sur notre dessin.

 Au revers -

 

VALEUR

ET DISCIPLINE

1 ER BATAILLON


 

Conformément à l’usage de l’époque, il est distribué une aigle avec drapeau à chaque bataillon, soit quatre par régiment. En 1808, les régiments suisses suivent l’ordonnance impériale en réduisant leurs aigles et drapeaux à un par régiement. Par con­tre en 1812, pour une raison obscure, le nouveau modèle à trois bandes verticales n'est pas remis aux régiments suisses, si bien que ceux-ci font la campagne de Russie avec leurs vieux drapeaux de 1805 qui devaient être passablement usés.

 

*

 

Le 3ème régiment suisse est organisé à Lille par le décret du 12 septembre 1806. Dans le courant du mois de mars 1807 il reçoit des mains du général Morlot trois aigles avec drapeaux. Les 1er et 2ème bataillons se trouvent en Espagne en 1808. Le 1er bataillon (D'Affry) et deux compagnies du 2ème bataillon sont à Baylen. Le porte aigle Schuler, bien que fait pri­sonnier, parvient à s’échapper des pontons et à gagner le Maroc. II revient par l'Italie et rapporte son aigle au colonel Thomasset. D'après De Vallière (Honneur et fidélité, 1ère éd. p. 573) une compagnie du bataillon De May avec son aigle et le comandant D'Affry, ne fut pas atteinte par l’ordre de rebrousser chemin et put gagner Madrid, sauvant ainsi la deuxième aigle du détachement. En 1810 le 2ème bataillon (Graffenried) capitule à Puebla. Avait-il son aigle ? L'avait-il renvoyé à Paris? Il plane un doute lorsque les souvenirs du temps rapportent les paroles qu'auraient prononcées à cette occasion Graffenried : "... sans cette brèche, j'aurai plutôt mangé mon aigle que de la donner à ces canailles ..." En 1812, lors de la campagne de Russie l'aigle est sauvée par le capitaine Forrer et le sergent-major Nicole.

 

* * *

 

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE

De la croix blanche au drapeau tricolore 4eme partie Pierre Charrie - VEXILLA HELVETICA - Zurich 1975

Les drapeaux des régiments suisses au service de France sous Napoléon 1er  (1804-1805)

Pierre Charrie - VEXILLA HELVETICA - Zurich 1976 

Infanterie de ligne : 3ème régiment suisse, drapeau planche 29 3ème demi-brigade helvétique, drapeaux 1798-1805, planche 234 Albert Rigondeau - LE PLUMET - Lauarnnec / Perros-guirec F

Drapeaux de la révolution et de l'empire Pierre Charrie - éd. OOPERNIC - Paris 1982

 

 

ANNEXE

 

Les porte-aigles

En 1807, les quatre porte-drapeaux sont : Sigismond Adelmann, Charles Schuler (nommé le 27 avril 1807), Jérémie Mathey et 'Ibbie Thoos. On sait que Schuler était au 1er bataillon et qu’il sauva l'aigle à Baylen. En 1811, les portes drapeaux sont Adelmann, Jean Antoine Birchler et Joseph Feurer (ces deux derniers nommés le 4 mars 1810). En 1812 : porte-drapeaux unique Birchler.

 

Les aigles

Oeuvre originale de Chaudet, sculpteur de l'Empereur, elles sont exécutées par le fondeur Thomire en bronze doré. La tête est dirigée vers la droite, du point de vue du spectateur regardant l' aigle de face, le bec entrouvert laissant voir la langue, les ailes sont très écartées à leurs extrémités, la serre droite te­nant un foudre de Jupiter placé de biais.

Cette aigle repose sur un socle ou cais­son portant en principe sur l'avers et le revers le numéro du régiment en relief rapporte et fixe par des tenons. Au-dessous est aménagée une douille avec trois vis de fixation.

 

Les dimensions sont les suivantes : Hauteur 18 à 20 cm, largeur 23 à 25 cm. Le caisson mesure 10 à 12 cm de long sur 3 à 4 cm de haut, douille de 5 à 7 cm. Poids moyen 1.850 à 2 Kg. L'aigle complète coûtait 145 Frs.

 

Drapeaux modèle 1804

Les drapeaux de l'infanterie de ligne y compris les régiments suisses furent confectionnes par la maison Challiot en taffetas de soie d'une seule épaisseur avec inscriptions et ornements peints en or sur enduit à l’huile. Dimensions 80 x 80 cm, au centre un losange blanc de 45.5 cm de côté bordé à cheval d'une suite de 20 paires de feuilles de laurier régulières alternant avec des grains et se raccordant aux angles sur le milieu de chaque côté par un demi fleuron. Les angles sont rouges ou bleus par opposition, du côté de la hampe l’angle du haut est bleu, celui du bas rouge. Les légendes sont disposées sur le 1o­sange blanc. Les lettres mesurent 3 cm de haut sur 2.5 cm de large. Le numéro du régiment est peint dans chaque angle au centre d'une couronne de laurier nouée par un ruban. Il n'y a ni franges, ni cravate, ni cordons. L'étoffe est fixée à la hampe par deux rangs de clous de cuivre doré. La hampe est peinte en bleu et se termine par un sabot de cuivre de 10 cm, hauteur de la hampe 280 cm y compris l'aigle.

 

 

Notes

 

Le drapeau mod. 1798 de la 3ème demi-brigade helvétique se trouve au Musée de 1'Armée en l'hôtel des Invalides à Paris.

Le drapeau mod. 1804 de la 3ème demi-brigade helvétique se trouvait avant la deuxième guerre mondiale au Zeughaus de Berlin il y avait été amené par Blucher en 1815.

Il reste un morceau du drapeau mod. 1804 du 3ème  régiment suisse au Musée de l'Armée à Paris.

 

01. 1993 / Didier Delaloye

 

 

Planche des drapeaux (par D. Delaloye 1992)

 

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Cette page à été mise à jour le 13-févr.-2007

 

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