VALEUR
ET
ET* DISCIPLINE
* le drapeau de la troisième
demi-brigade comportait une faute au revers.
L'aigle et le drapeau de la 1ère
demi-brigade sont remis par le général Müller à Oléron le 10 mai 1805.
Pour la 3ème demi-brigade la remise est faite aux
transports militaires le 5 avril 1805. Pas de renseignements pour la 2ème
demi-brigade. Ces trois drapeaux avec leurs aigles sont renvoyés au
Ministère de la Guerre lors de l'incorporation dans le 1er
régiment Suisse.
*
Entre-temps, le 27 septembre
1803, le général Ney signe à Fribourg avec les cantons de capitulation
relative à la levée de quatre régiments à quatre bataillons. Dans la
pratique, c’est seulement le 15 mars 1805 que
L’Empereur décrète la
formation du 1er Suisse et le nom de ‘’Régiments Suisses’’
est officiellement adopte le 12 septembre 1805.
On devait s'occuper rapidement
de la confection de drapeaux pour ces nouveaux régiments.
Ces drapeaux sont du modèle
1804 avec les légendes suivantes :
A l’avers
L 'EMPEREUR
DES FRANÇAIS
(*) AU 3ME
.
REGIMENT
SUISSE
(*) Rigo dans
sa planche sur le 3ème Suisse donne une disposition
différente de cette légende, c’est celle que nous avons adoptée sur
notre dessin.
Au revers -
VALEUR
ET DISCIPLINE
1 ER BATAILLON
Conformément à l’usage de
l’époque, il est distribué une aigle avec drapeau à chaque bataillon,
soit quatre par régiment. En 1808, les régiments suisses suivent
l’ordonnance impériale en réduisant leurs aigles et drapeaux à un par
régiement. Par contre en 1812, pour une raison obscure, le nouveau
modèle à trois bandes verticales n'est pas remis aux régiments
suisses, si bien que ceux-ci font la campagne de Russie avec leurs
vieux drapeaux de 1805 qui devaient être passablement usés.
*
Le 3ème régiment
suisse est organisé à Lille par le décret du 12 septembre 1806. Dans
le courant du mois de mars 1807 il reçoit des mains du général Morlot
trois aigles avec drapeaux. Les 1er et 2ème
bataillons se trouvent en Espagne en 1808. Le 1er bataillon
(D'Affry) et deux compagnies du 2ème bataillon sont à
Baylen. Le porte aigle Schuler, bien que fait prisonnier, parvient à
s’échapper des pontons et à gagner le Maroc. II revient par l'Italie
et rapporte son aigle au colonel Thomasset. D'après De Vallière
(Honneur et fidélité, 1ère éd. p. 573) une compagnie du
bataillon De May avec son aigle et le comandant D'Affry, ne fut pas
atteinte par l’ordre de rebrousser chemin et put gagner Madrid,
sauvant ainsi la deuxième aigle du détachement. En 1810 le 2ème
bataillon (Graffenried) capitule à Puebla. Avait-il son aigle ?
L'avait-il renvoyé à Paris? Il plane un doute lorsque les souvenirs du
temps rapportent les paroles qu'auraient prononcées à cette occasion
Graffenried : "... sans cette brèche, j'aurai plutôt mangé mon
aigle que de la donner à ces canailles ..." En 1812, lors de la
campagne de Russie l'aigle est sauvée par le capitaine Forrer et le
sergent-major Nicole.
* * *
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
De la croix blanche au drapeau
tricolore 4eme partie Pierre Charrie - VEXILLA HELVETICA - Zurich 1975
Les drapeaux des régiments
suisses au service de France sous Napoléon 1er (1804-1805)
Pierre Charrie - VEXILLA
HELVETICA - Zurich 1976
Infanterie de ligne : 3ème
régiment suisse, drapeau planche 29 3ème demi-brigade helvétique,
drapeaux 1798-1805, planche 234 Albert Rigondeau - LE PLUMET -
Lauarnnec / Perros-guirec F
Drapeaux de la révolution et
de l'empire Pierre Charrie - éd. OOPERNIC - Paris 1982
ANNEXE
Les porte-aigles
En 1807, les quatre
porte-drapeaux sont : Sigismond Adelmann, Charles Schuler (nommé le 27
avril 1807), Jérémie Mathey et 'Ibbie Thoos. On sait que Schuler était
au 1er bataillon et qu’il sauva l'aigle à Baylen. En 1811,
les portes drapeaux sont Adelmann, Jean Antoine Birchler et Joseph
Feurer (ces deux derniers nommés le 4 mars 1810). En 1812 :
porte-drapeaux unique Birchler.
Les aigles
Oeuvre originale de Chaudet,
sculpteur de l'Empereur, elles sont exécutées par le fondeur Thomire
en bronze doré. La tête est dirigée vers la droite, du point de vue du
spectateur regardant l' aigle de face, le bec entrouvert laissant voir
la langue, les ailes sont très écartées à leurs extrémités, la serre
droite tenant un foudre de Jupiter placé de biais.
Cette aigle repose sur un
socle ou caisson portant en principe sur l'avers et le revers le
numéro du régiment en relief rapporte et fixe par des tenons.
Au-dessous est aménagée une douille avec trois vis de fixation.
Les dimensions sont les
suivantes : Hauteur 18 à 20 cm, largeur 23 à 25 cm. Le caisson mesure
10 à 12 cm de long sur 3 à 4 cm de haut, douille de 5 à 7 cm. Poids
moyen 1.850 à 2 Kg. L'aigle complète coûtait 145 Frs.
Drapeaux modèle 1804
Les drapeaux de l'infanterie
de ligne y compris les régiments suisses furent confectionnes par la
maison Challiot en taffetas de soie d'une seule épaisseur avec
inscriptions et ornements peints en or sur enduit à l’huile.
Dimensions 80 x 80 cm, au centre un losange blanc de 45.5 cm de côté
bordé à cheval d'une suite de 20 paires de feuilles de laurier
régulières alternant avec des grains et se raccordant aux angles sur
le milieu de chaque côté par un demi fleuron. Les angles sont rouges
ou bleus par opposition, du côté de la hampe l’angle du haut est bleu,
celui du bas rouge. Les légendes sont disposées sur le 1osange blanc.
Les lettres mesurent 3 cm de haut sur 2.5 cm de large. Le numéro du
régiment est peint dans chaque angle au centre d'une couronne de
laurier nouée par un ruban. Il n'y a ni franges, ni cravate, ni
cordons. L'étoffe est fixée à la hampe par deux rangs de clous de
cuivre doré. La hampe est peinte en bleu et se termine par un sabot de
cuivre de 10 cm, hauteur de la hampe 280 cm y compris l'aigle.
Notes
Le drapeau mod. 1798 de la 3ème
demi-brigade helvétique se trouve au Musée de 1'Armée en l'hôtel des
Invalides à Paris.
Le drapeau mod. 1804 de la
3ème demi-brigade helvétique se trouvait avant la deuxième guerre
mondiale au Zeughaus de Berlin il y avait été amené par Blucher en
1815.
Il reste un morceau du drapeau
mod. 1804 du 3ème régiment suisse au Musée de l'Armée à
Paris.
01. 1993 / Didier Delaloye